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Déclaration de la FCPE au CDEN du 6 septembre 2016

Le slogan de la FCPE nationale pour notre campagne de rentrée 2016 est : MON ECOLE A MAL : La FCPE 63 sera donc dans le ton du message que porte notre fédération auprès de Madame la Ministre.

Nous entamons l’année scolaire qui sera la dernière du quinquennat. Quinquennat qui a entre autre été annoncé comme celui de la refondation de l’École. Et que constatons-nous ? Une hémorragie des personnels qui a été stoppée, certes, mais au-delà de cette plaie cautérisée, le malade se porte-il mieux ? Des RASED insuffisamment dotés pour apporter de véritables solutions à des enfants que l’on ne fait plus redoubler, et pourtant la FCPE demandait la suppression des redoublements, mais pas pour ne rien y mettre à la place, dans des écoles toujours plus pleines, des classes toujours plus remplies et avec des remplacements toujours très imparfaitement assurés, encore plus dans le second degré. Combien de temps une famille doit-elle attendre pour un rendez-vous avec un médecin scolaire ? Avec les conséquences que l’on sait sur la mise en place des PAP, combien d’enfants mis en difficulté par les délais d’attribution d’un équipement spécialisé ou le recrutement d’une AVS quand on sait que les premières demandes à la MDPH sont totalement à la charge des familles qui vivent un parcours du combattant. Nous n’avons de cesse de demander que soit mieux pris en compte le bien-être des élèves à l’école, de tous les élèves.

Cette année, sera généralisée le choix d’orientation laissé aux familles en fin de troisième. Mais quel sera l’accompagnement effectif des parents pour faire ce choix de manière éclairée ? On a constaté le taux d’échec en fin de seconde sur le bassin de Riom lors de l’expérimentation qui y a été conduite.

Quant à la liaison école/collège, nous demandons qu’une cohérence soit trouvée entre les secteurs des écoles et ceux des collèges afin que cette liaison prenne plus de sens, cela fait longtemps que nous le demandons.

Et parlons un petit peu de la réforme du collège, qui, dès ses premiers jours de rentrée, nous montre qu’elle n’est pas assumée partout par l’institution même qui la porte : des établissements ou la pause méridienne de 90 minutes pour tous les élèves n’est pas respectée, des classes de 6ème où des élèves peuvent avoir jusqu’à 9 heures de cours inscrit à leur emploi du temps pour une journée. La FCPE rappelle son attachement aux rythmes de l’enfant dont cette réforme est sensée tenir compte. Nous sommes toujours aussi outrés des interruptions de cursus qu’induit la réforme faite sur quatre niveaux d’enseignement en même temps, ainsi que par le gâchis phénoménal des manuels scolaires jetés à la poubelle. Cette réforme ne pouvait donc pas trouver sa place progressivement, ce qui n’empêchait en rien d’intégrer dès la première année des pratiques pédagogiques rénovées et ambitieuses ? C’est ce que tout le monde autour de cette table attend pour l’école de demain.

Pour finir, et ce n’est pas le moindre des sujets que nous abordons aujourd’hui, nous formons le vœu que l’Ecole publique française reste et cherche à être encore plus un lieu ouvert à tous les parents. Les directives du Ministère sur la sécurité dans les écoles nous font craindre, par leur ton, que les écoles se transforment en blockhaus. Et même si nous sommes bien-sûr très attachés à la sécurité de nos enfants, nous ne pouvons cautionner ce que nous considérons comme des dérives sécuritaires amenant certains parents à rester à la porte des écoles, y compris en petite section le jour de la rentrée scolaire ! Nous avions déjà dénoncé la fermeture aux parents de certaines écoles sur la fin de l’année scolaire passée et nous continuerons de le faire parce que nous pensons que c’est au contraire ce genre d’attitude qui favorise le repli sur soi et le communautarisme. Les parents ne sont pas les ennemis de l’École !

De même, nous continuons de dire que toutes les manifestations et les événements qui peuvent avoir lieu dans et autour de l’école doivent, autant que faire se peut et quitte à en adapter le déroulement ou l’organisation, perdurer pour le plus grand bien de tous. Que personne n’y voit une attaque, nous parlons bien de tout ce qui peut se décider, en collaboration et dans un esprit constructif, entre tous les membres de la communauté éducative : parents, enseignants, collectivités territoriales, associations partenaires, Éducation Nationale et élèves le cas échéant.

La FCPE défend l’idée d’une École ouverte sur le monde, lieu de la réussite de tous les élèves, et qui se donne les moyens d’y parvenir.