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Déclaration de la FCPE au CDEN du 5 juillet 2016

La FCPE du Puy-de-Dôme ne veut pas mobiliser la parole de ce début de CDEN, et pourtant les sujets qui nous tiennent à cœur sont nombreux et le temps d’en débattre au delà d’une déclaration liminaire plus que nécessaire. Nous allons donc lister ces sujets, sans que l’ordre dans lequel ils sont abordés leur confère plus ou moins d’importance à nos yeux, mais ayons bien à l’esprit que tels des icebergs flottant dans notre déclaration, il y a sous le niveau de l’eau neuf fois plus de glace qu’au dessus de la surface !

 

  • Nombre de fêtes d’écoles ont été annulées en cette fin d’année scolaire, les raisons avancées dans les Conseils d'écoles pour décider ces annulations et les directives rappelées par le Rectorat ne nous semblent pas suffisantes pour purement et simplement supprimer ces moments conviviaux de fin d’année auxquels sont très attachés les enfants. Et les parents d’élèves, très peu associés à ces décisions, n’ont pas été sollicités à la hauteur de l’investissement qu’ils sont dans la plupart des cas prêts à mettre au service de leur école.
  • Avec l’Etat d’urgence, certaines écoles ont tout simplement fermé leurs portes aux parents, y compris dans des maternelles où nous ne pouvons plus accompagner nos enfants jusqu’à la porte de la classe, participer à « enlever les chaussures et mettre les pantoufles », ne plus croiser l’enseignant et l’ATSEM quotidiennement. C’est totalement inacceptable.
  • La présence de boîtes aux lettres et de panneaux d’affichage dignes de ce nom et accessibles aux parents, ainsi que des lieux de réunion identifiés et à des horaires compatibles avec l’emploi du temps des parents font encore trop souvent défaut.
  • En ce qui concerne les conseils de classe ; quand parents et élèves rentrent dans une salle un quart d’heure après tout le monde et trouvent leur place sur le quatrième côté du carré de table, que les appréciations sont lues car déjà rédigées et pas débattues, que les interventions des élèves voient comme réponse que « ça a déjà été vu en heure de vie de classe » et que des compte-rendu parents ne sont pas systématiquement diffusés sans d’ailleurs que ses derniers en soient informés, nous disons que les pratiques ne sont pas à la hauteur des décrets et des circulaires. Et nous devons bien-sûr rajouter que les horaires de convocations des conseils de classe laissent parfois perplexes !
  • Le calendrier de fin d’année ne favorise pas le travail au mois de juin. Ne citons que les commissions d’appel qui pourraient être décalées afin de ne pas anticiper la fin du travail apparaissant sur le bulletin. On ne peut pas demander aux élèves de rester studieux quand tout, autour d’eux, indique que l’année est déjà finie.
  • Le nombre de cours non assurés pour les élèves, quelles qu’en soient les raisons, est clairement inacceptable. Nous rappellerons juste que l’Etat doit 36 semaines de cours à nos enfants, faisons le calcul sur cette année écoulée !
  • Un mot sur la double sectorisation des lycées qui, si elle doit se poursuivre, ne peut pas continuer à créer des disparités entre élèves avec seulement trois vœux pour les élèves concernés.
  • Et cette réforme du collège qui est imposée, en commençant par interdire aux élèves inscrits dans des cursus de terminer la formation que l’Education nationale s’était engagée à leur donner, devra montrer qu’elle est à la hauteur des enjeux, que les rythmes des élèves y soient respectés (1 h 30 de pause méridienne, 6 h de cours quotidiens au maximum pour les 6ème) que les manuels ne vont pas doubler de poids maintenant qu’ils sont conçus par cycle, que la soi-disant autonomie des établissements ne soit pas une mise en concurrence.
  • Sur la convention entre le Ministère de l’Éducation nationale et le Conseil départemental, que celle-ci permette « un maintien des moyens sur trois ans à effectifs constants » est proprement sidérant. Que l’on se contente de s’engager à conserver des moyens alors qu’on sait qu’ils font cruellement défaut, cela montre bien la considération qui est portée à notre école en souffrance. Mais quand mettrons-nous les moyens financiers et humains qu’il faut pour donner de véritables chances équitables à la future force vive de notre pays ?
  • L’inclusion des élèves porteurs de handicap nécessite des aménagements tant au niveau des locaux, des personnels, que des effectifs. Le parcours des familles est encore trop souvent chaotique et douloureux. Il arrive même que ces familles n’aient aucune réponse à leurs demandes. Les bonnes intentions ne suffisent pas.
  • Les listes de fournitures scolaires doivent être élaborées par des commissions incluant les parents et votées en CA dans un calendrier qui permette la réalisation de colis ou kit de fournitures comme y incite les directives du ministère, ce qui n’est pas toujours le cas. À défaut d’une école gratuite, rendons-la un peu moins chère.
  • L’ENT, trop peu utilisé pour et par les parents, pâti d’une gestion des droits ouverts ou non aux parents d’élèves qui bride cet outil qui pourtant coûte très cher à la collectivité et qui doit impérativement être utilisé au mieux de ces capacités et avec l’investissement de chacun des membres de la communauté éducative.
  • La communication permise aux associations de parents d’élèves souffre d’entorses au principe du devoir de diffusion par les établissements scolaires des documents des associations sans droit de regard des chefs d’établissements ou directeurs d’école au delà d’une vérification de légalité. Le contenu des documents appartient aux associations qui sont libres de communiquer sur tout sujet qui se rapporte à leur objet social d’association de parents d’élèves.
  • Faut-il rappeler, pour finir, que les fédérations de parents, reconnues d’utilité publique, sont des partenaires de l’Ecole à part entière et qu’il faudrait enfin que l’on sorte de l’image des parents râleurs et empêcheurs de tourner rond. Faut-il rappeler que, au delà de l’indépendance pédagogique des enseignants à laquelle nous sommes d’ailleurs attachés car elle est le garant d’un investissement de chacun dans sa matière ou sa discipline, les questions d’organisation pédagogique et de fonctionnement de l’Ecole regardent les parents qui ont leur mot à dire et qui continueront à le dire.

 

Arrêtons là, nous sommes bien convaincus que sur ces problématiques nombreuses mais pas exhaustives nous seront entendus, que de véritables réponses vont nous être données très prochainement et que nous serons sollicités pour rentrer en profondeur dans chacun de ses sujets afin de construire des solutions. C’est en tout cas la co-éducation que nous appelons de nos vœux et que nous défendons à la FCPE.