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Déclaration liminaire de la FCPE au CDEN du 8 septembre 2017

Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,

 

La FCPE est inquiète pour cette rentrée scolaire. Théoriquement, toute modification pédagogique ou organisationnelle devrait être faite dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Or nous constatons que l’État continue d’ignorer ce principe en prenant des mesures sans mettre comme préalable l’intérêt de l’enfant, que nous plaçons au centre de nos préoccupations et aimerions voir placé au cœur des politiques éducatives. Nous voyons, depuis le mois d’août, avec le non renouvellement d’emplois aidés dans les communes, dans les administrations, se poser avec acuité la question de l’organisation de la rentrée scolaire et de l’année qui vient. Ces emplois rendent des services extrêmement importants dans les différents établissements publics et plus particulièrement dans les écoles rurales du Puy-de-Dôme. Ces décisions brutales, dont l’impact n’a généralement pas été étudié, ont provoqué de nombreuses inquiétudes des élus (principalement des maires) mais aussi des parents ! Le service de restauration scolaire sera-t-il ouvert ? Une garderie existera-t-elle toujours ? A quinze jours de la rentrée, ces annonces, fortement relayées par les médias locaux et nationaux, ont non seulement désorganisé de nombreux établissements mais également impacté la vie familiale et professionnelle des parents d’élèves pour cette rentrée 2017. Nous citerons ici pour seul exemple la situation de l’école de Thuret.

 

Bien sûr, nous ne sommes pas favorables à l’existence de contrats précaires et l’évolution des contrats aidés est un vrai sujet de société mais nous ne pouvons pas accepter, qu’à nouveau, les communes ou communautés de communes soient mises en difficulté pour accomplir leur mission quant à la compétence scolaire qui leur incombe. Notre position est bien évidemment en lien avec la question du temps scolaire et la possibilité de revenir à quatre matinées d’enseignement au lieu des cinq auxquelles nous sommes attachées, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’évoquer dans cette instance.

 

Autre sujet que nous tenons tout particulièrement à aborder : la FCPE a toujours été et reste attachée à une école accessible à tous, laïque et gratuite. Nous sommes donc étonnés que la seule classe spécialisée dans l’accueil de collégiens atteints de troubles de la sphère autistique se trouve au sein d’un collège privé (le collège Saint Joseph à Saint Saturnin). Nous pensons que l’ouverture d’une ULIS école et d’une ULIS collège spécialisées dans l’accueil de jeunes atteints de ce syndrome est indispensable dans l’offre d’enseignement public. Cette ouverture permettrait une égalité d’accès à la scolarité pour toutes les familles confrontées à ce type de handicap. Nous espérons vivement des propositions de la part de la direction académique afin que cette situation puisse évoluer d’ici la rentrée prochaine.

 

Dernier point que nous voulons aborder, qui s’adresse plus particulièrement aux enseignants, directeurs et chefs d’établissements. Au risque de fâcher et d’être considérés comme des détracteurs du travail effectué par les équipes pédagogiques et d’encadrement dans les établissements, ce qui serait passer complètement à côté de notre propos, nous ne pouvons que dénoncer avec force une situation qui malheureusement est encore rencontrée par certains parents : celle d’un professeur, d’un directeur ou d’un chef d’établissement qui refuse l’intervention d’un représentant des parents dans une réunion de rentrée. Nous nous attachons, en tant que fédération de parents, à faire vivre la circulaire n° 2006-137 du 25 août 2006 et aimerions que les dispositions qui y figurent puissent être uniformément appliquées sur tout le territoire. Force est de constater que cette rentrée 2017 nous démontre le contraire. Ce qui se passe bien dans la majorité des cas ne doit pas occulter les situations plus compliquées qui persistent. Ainsi, que tous les professionnels de l’Éducation qui sont sensibles au respect des droits des parents d’élèves ne se sentent pas injustement mis en cause par ces propos : nous saluons leur professionnalisme et leur implication car la communauté éducative ne peut sortir que renforcée d’une collaboration intelligente et respectueuse de tous ses membres.

 

Aurélien Demangeat, Président de la FCPE 63