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Déclaration de la FCPE au CDEN du 9 février 2017

Nous voulons profiter de ce CDEN à mi-parcours de l’année scolaire pour tenter un premier bilan, côté parent, de la réforme du collège qui a soulevée tant de passions l’année dernière ; des élèves qui refont des parties du programme comme c’est le cas en cinquième ; des élèves de troisième qui vont se présenter à un examen ajusté parce qu’ils n’auront suivi qu’une année du cycle qui sera évalué ; des élèves empêchés de finir le cursus euro qu’ils avaient commencé ; des élèves qui perdent un temps d’enseignement en langue dans le Puy-de-Dôme : tout ceci est bien brouillon et ne facilite pas la visibilité.

Nous pouvons déjà dire que nous, parents d’élèves, qui demandons à être plus et mieux associés au fonctionnement de l’école, nous regrettons vivement que cette réforme n’ait pas été, par le ministère, plus et mieux construite avec les enseignants qui auraient pu en être les meilleurs ambassadeurs, surtout au vu des enjeux pédagogiques qui existent sur le niveau collège.

 

Alors que constatons-nous, quelles remontées avons-nous des parents de collégiens, quel est le vécu des familles ? Il est quasi unanime ; il est que rien n’a changé ou presque à la rentrée 2016, et que rien de significatif n’arrive en cours d’année. Il y a un tout petit peu plus de travail en groupes à effectifs réduits, nous n’allons pas nous en plaindre, mais quand des établissements ont proposés des semaines banalisées pour mettre en œuvre les EPI, le Rectorat a refusé, il faut donc de l’autonomie et des initiatives, mais surtout pas trop !

 

Et en regardant du côté de la dotation horaire pour la rentrée 2017, nous constatons que rien de significatif non plus ne devrait arriver l’année prochaine. Pour illustrer cet avis, faisons parler les chiffres (puisqu’on aime à nous en donner sous forme de moyennes flatteuses) : cette dotation en légère augmentation, ramenée au nombre d’élèves en légère augmentation également, correspond à un temps d’enseignant en plus devant chaque élève de 1 minute et 6 secondes, ce qui représente 30 minutes hebdomadaires devant une classe trop chargée. A ce rythme-là, les moyens donnés à cette réforme seront satisfaisants d’ici 10 à 15 ans !

 

Car, au final, quel serait l’ingrédient manquant pour que la recette fonctionne ? Il y en a sûrement plus d’un, nous avons déjà évoqué le manque de co-construction de cette réforme avec l’ensemble des acteurs de l’Ecole, y compris pour la mise en œuvre de nouvelles pédagogies, mais nous sommes bien certains que les moyens humains manquent de manière flagrante pour atteindre les ambitions affichées.

Nous parlons ici des enseignants qui ont besoin d’être plus nombreux et avec moins d’élèves, mais nous parlons également de tous les adultes présents dans les établissements. Comment faire vivre le Conseil de la Vie Collégienne sans des moyens humains pour accompagner les élèves ? Comment amener sereinement les jeunes à une insertion sociale tant que l’orientation est construite sur l’échec, comment réduire les problèmes de discipline et de sécurité sans avoir plus de personnels de vie scolaire. L’inclusion, la médiation, la lutte contre le harcèlement, la réduction des inégalités scolaires, corrélées aux inégalités sociales dont la France est championne, ne peuvent se faire sans des moyens humains suffisants. Et dire le contraire a un goût d’hypocrisie que la FCPE ne peut cautionner.

 

On ne peut pas faire le procès d’un collège qui ne réussirait pas si on ne lui donne pas les moyens de cette réussite. Nous voulons plus pour nos enfants, parce que l’Ecole d’aujourd’hui doit former les citoyens de demain.

 

Pour finir, et dans le contexte actuel, nous tenons à rappeler qu’il n’y a pas d’enfants sans papiers en France, toutes et tous ont les même droits et nous réclamons une véritable application de la convention internationale des droits des enfants ratifiée par la France en 1990.